dbourrion's blog

Ouragan

Lampadaire à gaz

Pas le bateau à aubes et son cri d'accostage, pas les belles maisons nichées sous leurs hautes couleurs les arbres pareils, pas les patios derrière loués de végétations folles, de fontaines qu'on devine espère fraîches, pas les lampes à gaz sur les façades allumées tout le jour mais le monsieur à barbe blanche qui au coin du quartier abandonné fermé aux briques rouges (villes du nord...) dont il avait été intendant nous expliqua longtemps et en parlant tellement vite que l'on ne comprenait pas la moitié de ce qu'il disait, comment l'ouragan avait été utilisé pour expulser les habitants à se

Le vol des libellules

Carte routière

Pataud le vol des libellules et par centaines une procession d'averses elles dantesques le fleuve est loin tout proche avec son odeur de cadavre mais ce n'est point errer que de chercher — jusqu'où le sentiment d'étrangeté, jusqu'où la distance à l'enfance, à l'appris dans les films, à la télévision ? (le fleuve nous le verrons le soir large comme une mer et sur son dos pousseurs immenses avec leurs barges à ras de l'eau grise plus que ciel).

Deux fleuves

Trottoir

Je n'ai rien vu à Graceland, je n'ai rien vu à Memphis Tennessee que des rues totalement vides sauf une pleine de pièges, je n'ai rien vu que des morts qu'on agite pour que tombe des poches toute la monnaie possible, je n'ai rien vu à Memphis Tennessee que les grands fleuves dévorant la ville de concert, l'un d'une eau brune de toutes les terres et l'autre lourd du temps, et voir que tous les deux ce sont les mêmes exactement les mêmes, oui, cela, je l'ai vu, de mes yeux vu.

Cherokee

Il n'y a plus personne à Cherokee Village, plus que maisons de bois délabrées jusqu'au sang, plus que routes fermées, plus qu'une voie ferrée qui derrière la rue vide est une sirène grave qui va jusqu'au bout du lac secouer les vitrines et leurs poussières sales, leurs amas de ferrailles, toutes ces choses mortes, à Cherokee Village, à Cherokee Village.

Colline

Road #1

Dormir à l'arrière des voitures pliés roulés se réveiller jeter son oeil dehors toujours les mêmes décors le même spectacle toujours la même route son haleine de ciel toujours le même toi qui ne sait pas de quoi est fait son reste, ce qu'il y aura après la colline qui vient et celle d'après et celle d'ensuite, la même.

Surprise

Pontiac, car #1

La surprise est qu'il n'y a pas surprise pas étonnement dans le pays où tout est exactement comme cela est comme on savait que ça serait - même les surprises sont celles qu'on savait être, dans la langueur étrange des petites villes où l'on s'imagine parfaitement les longues après-midis de fol ennui et les rues vides que le soleil immense creuse sans pitié dessous des pas errants qui pourraient être les nôtres, le sont certainement.

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